Améliorer sa NEVA

La Neva/Magis : bon ou mauvais plan ?

Quoi qu’en disent les rageux, la neva et la magis sont de bonnes imprimantes, plutôt bien pensées dans une perspective de compétitivité avec la Chine pour le grand public. Tout est réduit au minimum mais pourtant bien conçu, avec une buse légère, une détection de filament et autocalibration que les imprimantes chinoises n’intègrent que maintenant de série sur leurs machines (et encore de manière très laborieuse). Pas d’écran avec des sous menus, une partie software qui va a l’essentiel. Sans réglages, comme l’indiquent la plupart des reviews sur le web, la qualité d’impression est très satisfaisante. Alors pourquoi tant de haine ?

A l’heure où j’écris ces lignes le revenu médian en Chine est presque 10 fois inférieur à celui de la France. Autrement dit si la neva était intégralement conçue et fabriquée en Chine elle serait probablement vendue aux alentours de 150 euros au lieu de 600, avec tous les accessoires et sans doute un certain nombre de pièces en profilés métalliques. Les fabricants chinois peuvent se permettre de vendre des imprimantes pas tout a fait rodées ni testées ou pas abouties du point de vue mecanique, du fait qu’au niveau matériel ils peuvent compter sur des pièces usinées robustes et de larges communautés d’utilisateurs qui se débrouillent tout seuls pour finir le travail. Ce n’est pas le cas de dagoma qui a très certainement fait des choix pour limiter les problèmes en sav.

Ce n’est donc pas une imprimante “tout terrain”. Si vous respectez scrupuleusement les indications de dagoma, que vous utilisez uniquement leur filament, et que vous imprimez une fois de temps en temps, normalement tout ira bien.

Si comme moi vous imprimez quotidiennement et que vous aimez essayer d’autres filaments, alors vous aurez besoin de faire quelques modifs peu onéreuses pour la rendre plus fiable.

ATTENTION : LES MODIFICATIONS décrites ci-dessous sont suceptibles de faire perdre la garantie. Le lecteur est seul responsable de ce qu’il fait avec sa machine.

1.Le builtak magnétique fait maison

Un builtak propre ou du scotch bleu sont de très bonnes surfaces d’accroche. En réalité elles accrochent même trop bien, si bien qu’au moment de décoller le print c’est un enfer. Pour peu que l’objet ait une base un peu large, il faudra y aller avec une spatule, forcer, etc., Risquant ainsi d’endommager le print, l’imprimante et vos doigts. Depuis peu dagoma a sorti un lit magnétique avec une surface geckotek. C’est sans doute une excellente solution toutefois un peu onéreuse.

  • Pour faire le votre il vous faut :
  • 2 feuilles magnetiques de 2 mm d’épaisseur format A4
  • Un builtak neuf

Le principe :

  • Découpez les deux feuilles collées l’une a l’autre en forme du builtak. Il va vous manquer une petite surface trapézoïdale que vous découpez a côté.
  • Découpez toujours les feuilles magnetiques lorsqu’elles sont collées l’une a l’autre parce qu’elles ont une “trame”, la surface alterne des points positifs et négatifs.
  • Collez le builtak sur une des feuilles(attention aux bulles d’air), collez l’autre feuille sur la surface en aluminium de la neva préalablement débarrassée de son ancien builtak, en veillant à respecter le sens dans lequel vous les avez découpées
  • C’est fait! Quand vous le mettrez en place avant impression, veillez à respecter la trame magnétique sinon vous aurez des petites bulles d’air

2. Une buse plus large

Attention à ne pas confondre la largeur de buse et la hauteur d’impression.

La plupart des imprimantes grand public ont une buse de 0.4, ce qui veut dire que le trait d’impression fait 0.4mm de large (hors réglage spécifique).

La hauteur d’impression désigne la hauteur de chaque couche. Pour assurer une bonne cohésion entre les couches, elle doit être de 80% de la largeur de buse. Donc avec une buse de 0.4 vous pouvez imprimer avec une hauteur de 0.3 maximum, 0.6 pour une buse de 0.8, etc.

Bien évidément plus vous choisissez une hauteur de couche importante, plus les détails sont médiocre, en particulier pour les surfaces presque horizontales mais pas tout à fait (on voit alors bien les “créneaux”).

Cela étant dit vous pouvez tout à fait installer une buse de 0.8 sur votre neva, et imprimer en 0.2 de hauteur. Cela a plusieurs avantages :

  • le temps d’impression est réduit, puisque vous n’avez besoin que d’un passage pour faire une paroi de coque de 0.8 d’épaisseur. Par ailleurs pour tous les remplissages et les parois horizontales ça va deux fois plus vite.
  • cela permet des porte à faux plus importants, jusqu’à 60/70° contre 45° pour une buse de 0.4, puisque les couches qui se superposent sont plus larges.

ATENTION ! Deux points importants :

  • le changement de buse doit se faire à chaud. Suivez un tuto sur youtube, la tête de la neva/magis est une tête E3d V6 assez standard.
  • bien spécifier à votre slicer de faire des lignes de support de 0.5 d’épaisseur (pour une buse de 0.8), et à régler le débit de ces parois de support en sous-extrusion (genre 50% du débit général) car autrement vous allez vous retrouver avec des supports impossibles à retirer. Cura by Dagoma règle d’office ce débit mais dans la version Ultimaker c’est à vous de le faire.

3.Le XML de Cura by Dagoma

Personnellement j’aime bien CdB car le paramétrage ne m’intéresse pas, j’aime autant passer du temps sur de la modélisation.

A l’emplacement Program Files>Curabydagoma>ressources>xml se trouve un petit fichier “neva.xml” qui décrit les options accessibles dans le slicer CdB. Ouvrez le avec un traitement de texte type wordpad. Le modifier n’est pas sorcier, les infos sont rangées par thématique, avec au début les types de filament, puis les profils d’impression, puis les spécificités de la machine. Attention tout de même à ne pas mettre d’accent, et à respecter les balises.

J’ai tendance à modifier les paramètres suivants :

  • Rétraction hop = 1, ce paramètre ordonne a l’imprimante de se relever très légèrement quand elle passe d’une zone a une autre. Ça évite que la buse viennent malencontreusement taper contre des parties fragiles de votre print en cours, comme des supports isolés par exemple.
  • Un remplissage “plein” pour les pièces qui doivent être plus robustes
  • Des modes d’impression “Safe” autrement dit plus lents. La rapidité est une source de problèmes : elle augmente les vibrations, fait travailler davantage l’extrudeur, et a très haute vitesse le sujet commence à venir du fait que le filament n’a pas le temps de chauffer assez en traversant la buse. Imprimer lentement règle bon nombre de problèmes.
  • un mode d’impression avec une hauteur d’impression de 0.3 (pour ceux qui ont une buse de 0.4) pour les fois où je suis pressé
  • Si vous avez changé de largeur de buse c’est dans ce fichier qu’il faut le spécifier, ainsi que la largeur des parois de support. Je reconnaîs que pour ça la chasse au paramètres peut être un peu plus subtile.

4.Installer un amortisseur

La neva génère beaucoup de vibrations, en particulier quand la buse prend de la hauteur et que vous êtes sur une impression rapide, d’autant que sa structure n’a pas de “contreventement”. Cela n’aide pas à la qualité d’impression. Le plus simple pour palier à ce problème est de se faire un réglage à faible vitesse, sans accélération, sans pour autant diminuer la hauteur de couche. Une vitesse de 50 mm/s est considérée comme moyenne et sûre mais n’hésitez pas à descendre.

Si toutefois vous souhaitez conserver une vitesse importante, vous devez absorber les vibrations, installer un système masse-ressort-masse en partie haute. Evitez surtout les bras sans ressort, cela ferait que la structure de la neva devrait tout absorber, ce qui n’est pas bon. Préférez ce style de système que j’ai dessiné spécialement pour ça.

5.Changer/régler l’extrudeur

Avant toute chose, vérifiez que vous extrudeur actuel est correctement installé. Dagoma n’en parle pas mais il faut être sûr que la vis bas droite soit vissée à fond, mais pas les deux autres. Ces deux dernières si elles sont trop serrées vont empêcher le bras de se relever, et donc de bien plaquer le filament contre la roue dentée. Il ne doit y avoir aucun espace visible entre le bras de l’extrudeur et son “dossier”. C’est un peu subtil mais cela peut causer de la sous extrusion assez rapidement.

L’extrudeur basique est en fait très bien, suffisant pour tracter la plupart des filaments. Le principe d’entraînement simple avec une roue dentée est le plus courant sur les imprimantes grand public. Cependant si vous souhaitez imprimer avec des filaments un peu exotiques ça peut être intéressant de passer sur d’autres extrudeurs comme par exemple un extrudeur à double entraînement comme celui là .

La Neva utilise un moteur à pas nema17 pour tracter, comme sur la plupart des imprimantes. Vous pouvez donc y installer d’autres modèles.

Attention toutefois, il sera nécessaire de calibrer l’extrudeur, c’est à dire d’indiquer à la machine le nombre de pas à faire poru extrudeur la quantité souhaitée de filament. Pour cela c’est assez simple, il faut suivre les instructions de cette vidéo.

6.Changer le Heatbreak

C’est peut être l’amélioration la plus importante, mais aussi la plus délicate. Le heatbreak est une petite pièce cylindrique qui fait le lien entre le radiateur et le corps chauffant. C’est cette petite pièce qui fait que la Neva ne peut accueillir que du filament Dagoma et certains autres filament bien spécifiques. Si vous souhaitez utiliser du filament arianeplast par exemple il faudra le changer pour ce modèle.

ATTENTION ! Pour réaliser correctement ce changement, il faut le faire à chaud car le filament refroidi agit comme une colle puissante. Pour cela, suivez ces instructions :

  • d’abord à froid, défaites la tête des bras, retirez la coque en dévissant les deux vis de part et d’autre du ventilateur pour libérer le radiateur.
  • A froid toujours, dévissez le radiateur. Cela ne doit pas opposer de résistance.
  • Puis lancez un changement de filament ou montez la température sur Pronterface à 200°.
  • saisissez le corps chauffant à l’aide d’une pince, le heat break à l’aide d’une autre et dévissez le. Là encore si ça résiste c’est qu’il y a du filament qui colle, attendez que ça chauffe correctement
  • Vissez le nouveau heatbreak à chaud, puis éteignez la machine et laissez refroidir. Vous pouvez maintenant remettre le radiateur et remonter le tout.